Syndrome paranéoplasique

De Mediwiki - Wiki des ECN medecine
Aller à : navigation, rechercher

Cours difficile, à la limite du programme. Elle n'est pas à apprendre par cœur, mais donne simplement des éléments de réponses pour vous aider et vous orienter ! L'intérêt de cette fiche est de vous permettre d'avoir au moins lu les noms et quelques uns des grands syndromes paranéoplasiques pour être capable de l'évoquer ou de ne pas paniquer devant une pathologie inconnue !

Un syndrome paranéoplasique est l'ensemble des anomalies pouvant accompagner certains cancers. Ces anomalies ne sont pas en relation directe avec la tumeur, mais sont des manifestations systémiques survenant à distance de l'endroit où se développe le cancer, par production d'une substance par la tumeur. Il s'agit de syndromes rares, surtout retrouvés dans une minorité des cancers intrathoraciques et digestifs.

Le syndrome paranéoplasique accompagne parfois la tumeur dans son évolution : il la précède souvent, il régresse parfois avec son traitement, surtout certains syndromes neurologiques paranéoplasiques, disparait avec sa guérison et réapparait en cas de rechute. Son traitement est donc symptomatique et celui du cancer qui en est responsable.

Il se manifeste par des troubles neurologiques, endocriniens, hématologiques, dermatologiques, osseux ou articulaires. Les syndromes paranéoplasiques sont présents chez 7 à 15 % des patients ayant un cancer.

Les cancers bronchiques et mammaires ainsi que les tumeurs digestives comptent parmi les tumeurs les plus fréquemment associées à un SPN. Le diagnostic d’un syndrome paranéoplasique peut contribuer au diagnostic précoce d’un cancer.


Syndromes paranéoplasiques endocriniens

Syndrome de cushing

Le syndrome de Cushing paranéoplasique est dû à la production ectopique d’ACTH. Cancer bronchique à petites cellules++, cancer du pancréas, le cancer thyroïdien médullaire et le cancer du thymus. 25% des syndromes de Cushing sont paranéoplasique Diagnostique : Taux d’ACTH plus élevé (souvent >200 pg/ml) lors de syndrome de Cushing paranéoplasique que lors de syndrome de Cushing d’origine hypophysaire.

Sécrétion exagérée de glucocorticoïdes >> troubles psychiques et HTA vergetures.
// En savoir plus sur : le Syndrome de cushing

Syndrome de Schwartz-Bartter

Le syndrome de Schwartz-Bartter est responsable d'une HYPONATREMIE par sécrétion inappropriée d'hormone antidiurétique (SIADH)

  1. Hyponatrémie avec hyperhydratation cellulaire (nausées, vomissements, troubles neurologiques...) .
  2. Natriurèse augmentée (> 20 mEq/l), volume urinaire est diminué : hyperconcentration des urines.
  3. Hypoosmolalité plasmatique (< 280 mmol/kg).
  4. Osmolalité urinaire plus importante que ne permet de le prévoir l'osmolalité plasmatique(> 500 mmol/kg).
  5. Fonctions rénale, surrénalienne et thyroïdienne normales
  • Causes tumorales : CBPC +++ - Hodgkin, dans les k digestifs ou des voies urinaires, ADH (hormone antidiurétique)
  • Symptomes du syndrome de Schwartz-Bartter : Convulsions généralisées - Crampes - Céphalées

Si natrémie < 115 mEq/l : Troubles psychiques : troubles de la conscience, confusion, psychose, convulsions, coma. Aggravés par l'ingestion d'eau.

  • Diagnostique du syndrome de Schwartz-Bartter : Dosages de la vasopressine plasmatique, confirme l'hypersécrétion permanente de ADH et révèle une hyponatrémie (<120 mmol/l). Fatigue, anorexie, nausées, diarrhée, céphalées
  • Traitement du syndrome de Schwartz-Bartter : Réduire les quantités d'eau + apport normal en sel. Si urgence : furosémide.

La déméclocycline est proposée pour inhiber l'action de l'hormone antidiurétique d'origine hypophysaire (sécrétée par l'hypophyse).
// En savoir plus sur : le SIADH et l'Hyponatrémie

Hypercalcémie

Hypercalcémie : cancer bronchique+++, cancer du sein, pancréatique. Une hypercalcémie peut être présente en l’absence de métastases osseuses. Le mécanisme est une formation ectopique (c'est-à-dire à un autre endroit qu'au niveau des hormones parathyroïdiennes) d’un peptide parent de la parathormone (PTHrP).

La PTHrP n’est pas sécrétée par des personnes en bonne santé, mais peut être mise en évidence chez 80% des hypercalcémies paranéoplasiques.

De plus, certaines cellules tumorales sont capables d’accélérer la résorption osseuse locale au moyen de substances activant les ostéoclastes.

Tableau clinique de l’hypercalcémie : nausées / vomissements, faiblesse musculaire, fatigue, constipation, polyurie, état confusionnel et coma.

Traitement de l'hypercalcémie : hyperhydratation (+/- diurétiques), biphosphonates, calcitonine (recommandée pour une correction rapide de l’hypercalcémie). Les stéroïdes semblent surtout freiner la production de cytokines.
// En savoir plus sur : l'Hypercalcémie

Autres syndromes paranéo endocriniens

  • Sécrétion ectopique de GH
  • Sécrétion ectopique de HCG
  • Gynécomastie (surtout lors de tumeurs testiculaires, de cancer bronchique, de cancer carcinoïde des poumons et de tumeurs digestives),
  • Acromégalie
  • Hypoglycémies indépendantes des cellules d’îlots

Syndromes paranéoplasiques hématologie

L’anémie tumorale est bien connue dans la pratique quotidienne. Etiologies multiples, telle l’action toxique des cytostatiques, les pertes de sang occultes, les hémolyses, les anémies dues à un hypersplénisme ou à l’infiltration tumorale directe de la moelle, syndrome inflammatoire, CIVD, AHAI, mauvaise absorption de la vit B12 ou des folates.

L’anémie lors de maladie chronique correspond à une anémie normochrome, normocytaire et hyporégénérative avec un taux sérique ferrique diminué et saturation de la transferrine avec un taux sérique de ferritine normal ou même augmenté.

Polyglobulies des tumeurs rénales et des angiomes cérébelleux, expliquées dans 50% des cas par une sécrétion ectopique d'érythropoiétine,

Thrombocytose : en rapport avec le SI des K, Thrombopénie : en rapport avec CIVD, PTAI (syndromes lympho-prolifératifs).
// En savoir plus sur : l'Anémie

Syndromes paranéoplasiques rénaux

Les reins et les voies urinaires peuvent être touchés de nombreuses manières au cours d’une maladie tumorale, soit par des obstructions, par le dépôt d’immunoglobulines, d’amyloïde, d’acide urique ou par une action directement toxique des médicaments et de la radiothérapie.
Les syndromes paranéoplasiques définis plus restrictivement sont d’une part les glomérulonéphrites paranéoplasiques et d’autre part le syndrome de sécrétion inadéquate d’hormone antidiurétique (SIADH).
// En savoir plus sur : les néphropathies

Syndromes paranéoplasiques cutanéo-articulaires

Une trentaine de différents SPN cutanés ont été reconnus à ce jour. Il faut faire la distinction entre des syndromes paranéoplasiques cutanés et les métastases cutanées ou l’infiltration locale d’une tumeur primaire.
// En savoir plus sur : la dermatologie

Acanthosis nigricans

  • Clinique : épaississement velouté de peau hyperpigmentée (apparition de grandes taches de coloration grisâtre) atteignant en prédilection les régions du cou, des aisselles et inguinales.
  • Tumeur primitive : Tumeur primaire est abdominale dans 80–90% (cancergastrique).

L’acanthosis nigricans peut apparaître avant ou bien après le diagnostic de la tumeur.

  • Thérapeutique : consiste dans le traitement de la tumeur primaire. Un traitement symptomatique topique local ou systémique peut soulager le prurit

Dermatopolymyosite

Nombreux types de cancer, entraînant un érythème héliotrope (=coloration violacée des paupieres = exanthème lilas) et un gonflement des régions orbitaires, des joues, du front, s'accompagnant de plaques violacée 'en ligne' au niveau du dos de la main et des doigts L'atteinte musculaire touchant les muscles proximaux.

Le traitement est celui de la tumeur primitive associé à une corticothérapie.

Ichtyose aquise

Souvent associée à un lymphome non-hodgkinien ou à d’autres néoplasies (Hodgkin, LMNH, K bronchique, K sein) Le traitement symptomatique consiste en pommade grasse et éventuellement kératolytique. Les savons sont à éviter.

une peau sèche, craquelée, recouverte de squames fines qui se collent entre elles.

Autres syndromes paranéo dermatologiques

  • Ostéoarthropathie hypertrophiante pneumique de Pierre Marie
  • Erythema gyratum repens
  • Hypertrichose lanugineuse acquise
  • Maladie de Paget du sein : eczéma du mamelon associé à un cancer du sein
  • Pyoderma gangrenosum
  • Syndrome de Sweet (papules douloureuses bleu-rouge ou des nodules principalement au niveau des extrémités supérieures)

Syndromes paranéoplasiques neurologiques

La manifestation paranéoplasique neurologique la plus fréquente est la polyneuropathie sensitivomotrice. Malgré sa fréquence, ses mécanismes pathophysiologiques demeurent obscurs.
// En savoir plus sur : la neurologie

Neuropathie sensitive de Denny Brown

Neuropathie sensitive de Denny Brown = Neuropathie sensitive subaiguë. Typique d’un cancer bronchique à petites cellules évolution sur plusieurs semaines et mois sous forme de paresthésies distales, douleurs, diminution de la sensibilité profonde diminuée et de dysfonctions autonomes précoces

  • Cause : CBPC
  • Clinique : Paresthésies douloureuses des extrémités + trouble de la sensibilité profonde

Absence de ROT et à une ataxie pendant la marche.

Ataxie cérébelleuse

Cancer de l'ovaire, de l'utérus, des annexes, du sein ou un CBPC

Clinique : dysarthrie, une diplopie, des vertiges, et un nystagmus. Brutal avec un ataxie des membres et du tronc, un défaut de coordination, une dysarthrie, un nystagmus Ce syndrome semble en relation avec des auto-anticorps : Anticorps anti-Yo - Anticorps anti-Hu titre du lien

Syndrome myasthénique de Lambert Eaton

Le syndrome de Lambert-Eaton fait partie des SNP les plus fréquents. 1–2% des patients souffrant de cancer bronchique à petites cellules en sont touchés, les hommes plus fréquemment que les femmes. Affection neuromusculaire paranéoplasique dans laquelle une réponse auto-immune dirigée contre un CBPC réagit de façon croisée avec des antigènes dans la jonction neuromusculaire

Physiopathologie : Réponse immunologique du patient dirigée contre les canaux calciques voltages dépendants (CCVD) présents sur les cellules tumorales, et identiques à ceux présents sur les terminaisons nerveuses des plaques motrices.

Clinique : Déficit moteur radiculaire, ceinture pelvienne+++ >> difficulté à se relever, à marcher, fatigabilité excessive, amyotrophie. Contrairement à la myasthénie, pas d’atteinte occulaire

Diagnostic : EMG. Le traitement : de la tumeur sous-jacente (essentiel) Suppression de la réponse immunitaire : échanges plasmatiques ; Ig IV ; agents immunosuppresseurs (corticoïdes ; cyclophosphamide ; tacrolimus). Le syndrome répond habituellement bien aux traitements immunosuppresseurs.

Autres syndromes paranéo neurologiques

  • Encéphalopathie
  • Neuropathie gastro-intestinale
  • Syndrome de Zollinger-Ellison : Ulcères digestifs graves, souvent multiples, résistant aux traitements usuels, avec hypersécrétion et hyperacidité importante de la muqueuse gastrique.

Ces ulcères sont secondaires, provoqués par des tumeurs de cellules du pancréas produisant en abondance de la gastrine qui stimule la sécrétion gastrique acide maximale.

Traitement d'un syndrome paranéoplasique

  • Un syndrome paranéoplasique fait parfois l'objet d'un traitement isolé : ainsi, une hypercalcémie ou une hypoglycémie doivent être traitées en urgence.
  • Mais le seul vrai traitement est celui du cancer en cause : la disparition du syndrome suit l'éradication du cancer ; de même, sa réapparition doit faire rechercher une récidive, locale ou à distance (métastase).

Source