Hypertension arterielle (HTA)
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Épidémiologie de l'HTA
En 2000, on estime à environ 26.4 % la proportion d'hypertendus. Le nombre d'adultes hypertendus d'ici 2025 pourrait augmenter de 60 % et atteindre 1,56 milliards.
L'hypertension artérielle serait responsable d'un peu moins de 8 millions de décès par an dans le monde et de près 100 millions de jours d'invalidité. Elle serait la cause de près de la moitié des accidents vasculaires cérébraux et des accidents cardiaques.
Définition de l'HTA
| Chiffres limites des différents niveaux d'hypertension | ||||
|---|---|---|---|---|
| Pression systolique | Pression diastolique | |||
| HTA sévère | > 180 mm Hg | > 110 mm Hg | ||
| HTA stade 2 | > 160 mm Hg | > 100 mm Hg | ||
| HTA stade 1 | > 140 et < 159 mm Hg | > 90 et < 99 mm Hg | ||
| pré HTA | > 120 et < 139 mm Hg | > 80 et <89 mm Hg | ||
Une hypertension est dite « résistante » si elle reste élevée malgré l'administration concomittante de trois médicaments anti-hypertenseurs. Elle concernerait de 20 à 30 % des HTA.
Objectifs tensionnels
Les objectifs tensionnels proposés sont les suivants (ANAES 2000):
- chez l’adulte d’âge moyen : PAS/PAD < 140/90 mm Hg
- chez le sujet âgé avec HTA systolique isolée : PAS < 150 mm Hg
- chez le diabétique de type 2 : PAS/PAD < 140/80 mm Hg
- chez l’insuffisant rénal sans protéinurie : PAS/PAD < 130/85 mm Hg
- chez l’insuffisant rénal avec protéinurie > 1g/j : PAS/PAD < 125/75 mm Hg
Causes d'HTA
HTA ESSENTIELLE dans 90 % des cas, aucune cause connue ne peut être retrouvée dans ce cas. HTA SECONDAIRE dans 10 % des cas.
- Causes rénales (4 %) : Insuffisance rénale (secondaire à une polykystose rénale, une glomérulonéphrite, une pyélonéphrite, etc.). Affection rénale unilatérale non vasculaire (pyélonéphrite unilatérale, tuberculose, hyperplasie congénitale). Sténose de l'artère rénale (par athérome ou fibrose).
- Causes surrénaliennes : phéochromocytome, syndrome de Cushing, adénome de Conn
- Autres causes : Intoxication par la glycyrrhizine (provient de la racine de la réglisse), coarctation aortique, endocriniennes (hyperthyroïdie, hypothyroïdie, acromégalie, hyperparathyroïdie et les causes surrénaliennes déjà citées ci-dessus), médicamenteuses (corticothérapie et hormones), AVC... La grossesse (appelée hypertension artérielle gravidique)
En savoir plus sur l'HTA et le risque cardio-vasculaire
Le lien entre niveau tensionnel et risque cardiovasculaire est continu, ce qui signifie qu’il n’ y a pas de seuil individualisé en dessous duquel le risque peut être considéré comme nul.
Le rôle néfaste de la pression artérielle diastolique (PAD) a été le premier mis en exergue, mais l’on sait aujourd’hui que c’est la pression artérielle systolique (PAS) qui a la signification pronostique la plus forte. Plus récemment le rôle particulièrement délétère de la pression pulsée (ou pression différentielle = PAS – PAD) a été mis en évidence : son augmentation traduit une altération de la compliance (ou fonction d’amortissement) des gros vaisseaux : ainsi en présence d’une PAS élevée, la constatation d’une PAD basse ne doit aucunement rassurer.
Les grandes études épidémiologiques ont montré que la relation pression artérielle / risque cérébral était beaucoup plus étroite que la relation pression artérielle / risque coronarien.
On a aujourd’hui la démonstration claire que le traitement antihypertenseur est bénéfique en termes de morbi-mortalité cardio-vasculaire, dans toutes les variétés d’HTA.
Hypertension d'origine endocrinienne
Devant une HTA chez un sujet jeune et/ou résistante au traitement, il faut rechercher une cause hormonale de principe il faut doser la kaliémie en régime normosodé.
Phéocromocytome
- Le diagnostic de phéocromocytome : HTA + la triade (céphalées, palpitations et sueurs) + hypotension orthosthatique. Risque de mort subite ou de collapsus.
- Le diagnostic est confirmé par l'augmentation dans les urines des dérivés urinaires des catécholamines (métanephrines, normétanephrines, dopamine).
Le traitement du phéocromocytome consiste en une exérèse chirurgicale avec préparation médicale rigoureuse préopératoire.
Hyperaldostéronisme
- L'hyperaldostéronisme est évoqué devant l'association : HTA + hypokaliémie.
- Les dosages biologiques doivent être effectués en l'absence de traitement antihypertenseur à l'exception des inhibiteurs calciques et en régime correctement salé : Augmentation de l'aldostérone et diminution de la rénine.
- Le traitement est chirurgical dans le cas de l'adénome de Conn et médical (antialdostérone type aldactone) dans le cas de l'hyperplasie.
- A lire : Facteurs de risque cardio-vasculaire et en particulier l'HTA dans les facteurs de risque cardio-vasculaire.